SALTenders : L’avez-vous vue, son annexe en alu ?

22 janvier 2026

Passionné de nautisme, Xavier Duveau a choisi d’en faire un terrain d’innovation industrielle. Avec SALTenders, il conçoit et fabrique des bateaux auxiliaires à partir d’un matériau durable, l’aluminium recyclé. Parcours et questionnement d’un entrepreneur guidé par un projet innovant et exigeant à vocation internationale.

La mer et le nautisme en général ont toujours fait partie de ta vie ?
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Oui. Mon père a acheté son premier bateau quelques années avant ma naissance. J’ai des souvenirs de vacances bretonnes sur les îles tout petit.

Plus tard, quand j’avais 13 ans, nous sommes partis avec mes parents pour un tour de l’Atlantique sur un bateau de 12m.

Cela a duré 3 ans. Puis je suis rentré en France pour mes études. C’est à partir de là que j’ai développé une culture du voyage et de la mer.

J’ai travaillé 8 ans à l’étranger dans l’industrie en tant que chef de projet, responsable de production… pour Alstom notamment. Puis nous avons posé nos valises en Bretagne avec ma famille où j’ai travaillé 15 ans chez Sigmaphi avant de débuter l’aventure avec SALTenders.

Quel a été le déclic pour lancer ton projet, le moment où tu t’es dit “il faut que je fasse quelque chose” ?

J’ai vu émerger différents projets à impact, tous animés par la volonté de verdir le nautisme. J’y étais sensible mais j’envisageais une autre manière de faire avancer les choses, avec d’autres méthodes, d’autres matériaux. L’actualité au large de nos côtes qui relayait les sauvetages de migrants à bord de semi-rigides pneumatiques victimes de crevaison en pleine opération a aussi fait partie des éléments déclencheurs. L’aluminium représentait pour moi une solution plus robuste et plus durable que l’existant.

Pour confirmer mon idée, je l’ai testée en laboratoire de mécanique avec l’UBS pour pouvoir élaborer mon premier prototype. C’est à ce moment-là que j’ai intégré Incub’Activ, l’incubateur de l’agglo de Vannes animé par Vipe. Cela m’a permis de structurer mon projet sur lequel j’avançais de manière empirique jusque-là. En janvier 2025, je mettais à l’eau mon bateau.

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Pourquoi l’aluminium s’est-il imposé comme une évidence ?

En comparaison avec la fibre carbone qui est très utilisée dans la conception nautique, l’aluminium est un matériau qui présente des caractéristiques plus durables.

Recyclable à l’infini et sous sa forme en sandwich, il possède des propriétés d’isolation thermique et sonore intéressantes et est aussi moins polluant que l’acier en terme de consommation d’énergie lors de son recyclage. En lieu et place d’un semi-rigide qu’il faut changer tous les 3 à 4 ans sous les tropiques, un bateau en alu est insensible aux UV et évite le problème de la crevaison, avec une durée de vie de 30 ans.

Produire en local faisait aussi partie de mes critères. 90% des pièces que j’utilise pour la fabrication proviennent de France. Seul le sandwich alu (la structure de la coque) vient d’Espagne.

Qu’est-ce qui est le plus sous-estimé quand on se lance dans un projet industriel ?

Il y aurait énormément de choses à dire sur ce sujet (rires). Pour résumer, je parlerais surtout du temps dont on dispose… et des choix à faire. Les journées sont remplies d’actions à mener en permanence. Et lorsqu’on se lance dans un projet industriel, s’ajoutent un niveau d’exigence très élevé au quotidien, ainsi qu’une trésorerie qui s’écoule vite.

Quels soutiens extérieurs t’aident à avancer aujourd’hui ?

Je ne partais pas de rien en me lançant dans ce projet. J’avais déjà un réseau bien établi dans le secteur du nautisme et de l’industrie. Cela contribue à démarrer plus sereinement. Aujourd’hui, j’ai deux associés pour me soutenir financièrement. Sans oublier l’incubateur Emergys. Et depuis quelques mois, j’ai installé mon atelier à Créalis, ce qui me permet d’échanger avec d’autres entrepreneurs comme Switch ou Borvo qui arrive bientôt en pépinière. On se donne des coups de main, on s’entraide.

Qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus dans la suite de l’aventure ?

La commercialisation démarre tout juste. Je viens de vendre mon premier bateau. Je l’ai livré à Cherbourg le 24 décembre.

Mon produit s’adresse à une clientèle Premium avec des possibilités de personnalisation très importantes selon le cahier des charges du client.

J’ai découvert, au fil des rencontres, que l’aluminium pouvait aussi être utilisé pour d’autres applications sur un bateau. Je suis d’ailleurs en train d’expérimenter la faisabilité d’un toit protecteur au niveau du cockpit en lien avec un bureau d’études.

Avec ce projet, je touche du doigt ce à quoi j’aspirais : retoucher la matière, concevoir quelque chose d’écolo dans la pratique de la navigation et pouvoir rééchanger avec les clients du secteur.

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