Face à la multiplication des épisodes de chaleur, le rafraichissement des espaces urbains s’est imposé en quelques années comme une véritable question de santé publique. Repérée par le Comité d’organisation des JO de Paris il y a 2 ans, l’entreprise Borvo propose aujourd’hui une nouvelle génération de mobilier urbain pensée pour améliorer le confort de nos centres-villes.
Repenser l’usage des infrastructures
Pour développer son concept, Rodrigo Morales Pomarat s’est appuyé sur un constat : « Nous avons un usage très spécifique de nos infrastructures et mobiliers urbains à l’heure actuelle.
Un abribus reste un abribus. Il va jouer son rôle pour abriter les usagers qui attendent leur bus, mais n’aura pas d’autres fonctions, en dehors de l’affichage publicitaire.
De même pour un banc public, il existe peu de transversalité dans les usages de nos mobiliers en centre-ville. »

Pour le fondateur de la société Borvo, la réflexion est engagée depuis plusieurs années déjà. En 2021, en réponse à l’AMI d’une collectivité locale, Rodrigo imagine un dispositif autonome de récupération d’eau de pluie destiné à alimenter la dynamique de végétalisation urbaine. « Avec le réchauffement des villes, il devient important d’adapter les espaces urbains aux nouveaux besoins sans artificialiser davantage« , souligne l’entrepreneur.
Créateur d’oasis urbaines

Les solutions classiques impliquent souvent des travaux lourds, avec des réaménagements complets, à un coût conséquent et avec peu de flexibilité.
C’est dans ce contexte alternatif que s’inscrivent les stations modulaires développées par Borvo. Ce mobilier repose sur un triple enjeu :
- Rafraîchir l’espace grâce à un système autonome de récupération d’eau de pluie et de l’humidité de l’air, sans utilisation du réseau d’eau potable.
- Végétaliser les espaces urbains à l’aide de jardinières alimentées par micro-irrigation.
- Éclairer et baliser les espaces afin de signaler et sécuriser les usages.
L’ensemble du dispositif fonctionne de manière autonome grâce à une alimentation en énergie photovoltaïque et éolienne, tout en mobilisant les ressources naturelles au service d’un écosystème favorisant le rafraîchissement et le bien-être de ses usagers.
« Notre objectif est d’apporter des solutions de confort en centre urbain avec le moins d’impact possible. L’installation est rapide et réversible », explique Rodrigo. « Les modules peuvent ainsi être déplacés et/ou démontés facilement durant la période d’hivernage ». Un atout de taille pour séduire certaines métropoles aux espaces déjà fortement minéralisés, où l’ancrage au sol nécessiterait autrement des travaux considérables, « à l’instar de la place Bellecour à Lyon ou du parvis Simone-Veil à Vannes » , témoigne l’entrepreneur.
Car végétaliser un espace urbain de manière traditionnelle implique inévitablement un impact sur des sous-sols déjà très occupés par diverses infrastructures : canalisations, métro, parkings souterrains… S’ajoute également la dimension immuable du patrimoine architectural, comme sur le parvis du Palais des Papes à Avignon.
Ces modules intelligents se déploient selon les besoins du lieu, avec des fonctionnalités et capteurs permettant un tracking en temps réel : température de l’air, taux d’humidité, fréquentation…
Expérimentation estivale au Crouesty
Avant de lancer la commercialisation de ses stations modulaires, Rodrigo reste prudent et regarde à la loupe ses potentiels futurs clients. « Nous avons déjà une soixantaine de prospects en France et à l’étranger, collectivités et partenaires privés. Chaque projet devra s’appuyer sur une observation précise du terrain. Nos produits ont un impact pertinent selon les conditions climatiques et le lieu d’implantation. »

Pas question pour l’entreprise Borvo d’aller au delà de ses limites. L’environnement devra être propice à l’installation de son mobilier urbain. « Nous établirons d’abord un diagnostic avant de proposer une offre. Nous interviendrons en toute transparence. »
Durant les trois mois de la saison estivale, le port du Crouesty sera donc le théâtre d’une expérimentation grandeur nature.
Bord de mer, humidité ambiante, parvis minéralisé sans arbre massif, le lieu se prête à l’exercice selon Rodrigo. Résultat attendu à la rentrée en septembre!
Qui se cache derrière le projet Borvo ?
Avant de s’installer en Bretagne, Rodrigo Morales Pomarat, designer de formation, développe ses premières expérimentations autour de l’aménagement urbain à Strasbourg. Aux côtés de collectivités locales, il travaille déjà sur des solutions de récupération et de réutilisation de l’eau en ville.
« J’explorais de nouvelles pistes sur ces questions, en lien avec les élus, les agents territoriaux, les architectes, les Bâtiments de France ou encore des bureaux d’études », se souvient le fondateur de Borvo.

Déjà passé par l’entrepreneuriat, Rodrigo connaît les défis liés au développement d’une jeune pousse : structuration de son modèle économique, validation de marché, choix techniques ou recherche de financements.
Arrivé à Vannes en 2022, il rencontre rapidement plusieurs acteurs qui donneront un coup d’accélérateur à son projet. Parmi eux, Xavier Duveau, dirigeant de Saltenders, qui l’accompagne dans ses choix de matériaux et dans la conception de ses structures en aluminium. « Xavier m’apporte sa vision et son expertise d’ingénieur. C’est un vrai plus pour le projet, explique le fondateur de Borvo. Le soutien d’investisseurs engagés dès les premières phases du projet constitue aujourd’hui un véritable marqueur de confiance pour l’entreprise. Leur expérience, leur expertise entrepreneuriale et industrielle, représentent un accompagnement précieux dans le développement de Borvo ».
L’entreprise s’appuie aussi sur plusieurs partenaires techniques locaux spécialisés dans l’électronique ou l’hydraulique, ainsi que sur de premières aides financières obtenues ces derniers mois : Emergys, Bourse French Tech… Une levée de fonds est également en préparation pour accompagner la phase de commercialisation des modules.
*Crédits photos : Matilin Roger, Borvo

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